Après des études d’ingénieur à l’École des Mines de Paris (1954), Yves Quéré a obliqué vers la recherche scientifique. Il s’y est spécialisé, sous la direction doctorale de Jacques Friedel, dans la physique des solides – et plus particulièrement celle des matériaux – qu’il a pratiquée à la frontière entre sciences fondamentale et appliquée. Au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA), puis à l’École Polytechnique à partir de 1987, il a étudié les propriétés des "défauts cristallins" dans les métaux, les effets des irradiations sur les solides et l’interaction des particules avec la matière. Il a notamment découvert le phénomène de "décanalisation" des particules ainsi que divers effets − de volume, de taille et de conduction − observés dans les solides irradiés par des particules rapides (électrons, neutrons, fragments de fission) à basse température. Il a, dans le même temps, dirigé une équipe dédiée aux applications médicales des éléments lourds radioactifs (plutonium, californium…) ainsi qu’à l’étude des éléments "combustibles" pour réacteurs nucléaires.

     Nommé Professeur à l’École Polytechnique, il y a été élu Président du Département de physique et Président du Sénat des Professeurs. Comme Directeur de l’Enseignement, il a fortement contribué à l’introduction de la Biologie dans le Tronc Commun de l’École, ainsi qu’à une ouverture accrue aux sciences expérimentales, et à la pluridisciplinarité par le biais des "Majeures" qu’il a créées dans le cursus des élèves. Il a également enseigné dans nombre d’autres Écoles d’ingénieurs (Mines, Télécom, Centrale…), à l’Université (Paris) et à l’étranger (Amérique latine, États-Unis, Chine, Russie, …).

     Correspondant (1980) puis Membre (1991) de l’Académie des sciences, il en a été durant huit ans (1995-2003) le Délégué aux Relations internationales, ce qui lui a valu d’être élu, avec Eduardo Krieger et Chen Zhu, à la présidence de l’IAP (InterAcademy Panel) qui est l’Assemblée de la centaine d’Académies des sciences existant de par le monde. À ce poste, il a pu stimuler la collaboration internationale entre Académies et faire adopter par elles des "Déclarations" (Statements) destinées à l’ONU et aux gouvernements sur des sujets tenant à l’éthique, à l’enseignement des sciences, aux armes bactériologiques, à l’enseignement de l’évolution, à l’unité de la science ...

     Docteur honoris causa de diverses Universités étrangères, membre de l’Académie Pontificale des Sciences, il a présidé le Conseil d’Administration de l’École Normale Supérieure de Cachan et de nombreux Conseils scientifiques (à l’ANDRA, au CNRS, au MAE…) dont celui de la Fondation France-Chine pour la science et ses applications (FFCSA) qu'il co-préside avec Jacques Caen et Chen Zhu.

     Depuis 1996 il travaille, aux côtés de Georges Charpak (initiateur de La main à la pâte) et de Pierre Léna – dans le cadre de l’Académie des sciences – à la rénovation d’une pratique, à l’école, des sciences de la nature qui soit fondée sur l’observation, l’expérimentation et le raisonnement et reliée avec les enseignements des mathématiques, du langage et de l’histoire, en sorte que l'enfant apprenne la science en la faisant.  À ce titre, il est amené à donner de nombreuses conférences, en France et à l’étranger où La main à la pâte est de plus en plus pratiquée (Balkans, Brésil, Canada, Chine, Colombie, Égypte, Malaisie, Suisse, Turquie…), en interaction forte avec l’Europe et les États-Unis. Il a présidé jusqu'en 2008 le Comité pour l’enseignement des sciences de l’Académie des sciences.

     Violoncelliste, il a obtenu en 1998, avec Jean-Michel Molkhou, Philip Bönhoffer et Frédéric Fortineau en quatuor avec piano, le premier Prix à l’unanimité au CEM (Concours Européen pour les Mélomanes).

Principaux livres